A croire que je suis condamnée à vivre dans cette candeur. J'y croyais, vraiment, honnêtement. Quel étrange songe qui disparaît petit à petit, pour m'abandonner dans cette dure réalité. Dure réalité qui, désormais, consiste à souffrir plus-que-tout, juste pour te faire souffrir en retour. Oui, c'était le rêve, c'était le pied. Tant de bonheur, cette euphorie, en si peu de temps. Mais aussi est-elle partie, aussi vite qu'elle n'est venue. On m'a laissé en chute libre. Et je suis tombée de haut. A vouloir toucher cette putain de conasse d'étoile. A m'en brûler les membres, et les organes vitaux. Non. Un organe vital, un seul, et le plus important. Mais les blessures internes ne s'extériorisent pas. Tu ne comprendras jamais. Et même si Dieu t'accordait ne serait-ce qu'une part de compréhension, songerai-tu même au mal que tu as fait? Je crains que non. Qu'il en soit ainsi, c'est du passé comme on dit. Faisons comme si rien n'a été. Seulement, que l'on ne s'étonne pas du mépris qui m'empare et qui m'envahit. Je n'aime pas. Je n'aime plus. Je ne sais pas aimer. J'aime pas aimer. C'est douloureux. Mais on vit avec. Quel masochisme. Me voilà à nouveau immergée dans ce sentiment. Quelle connerie. Au fond, j'essayerai toujours de l'atteindre cette étoile, hein? Qui donc m'aidera à l'attraper? Sentiment d'espoir, de renouveau, me voilà en train de renaître.
